Qu’est-ce que la Lectio Divina ?

La Lectio Divina est une méthode de prière avec la Parole de Dieu façonnée dans la tradition monastique médiévale.

« Cherchez en lisant et vous trouverez en méditant ; appelez en priant et il vous sera ouvert en contemplant. » (Saint Jean de la Croix, Dichos 157)

C’est une prière et non pas une étude de l’Ecriture (qui néanmoins n’est pas inutile, mais trouve sa place à un autre moment !).

D’où :

1. Mise en présence de Dieu ; invocation de l’Esprit, puisque l’Ecriture ayant été mise par écrit sous l’inspiration de l’Esprit, la lecture se fait sous la même inspiration.

2. Puis vient la « lectio » : il ne faut pas croire que c’est le plus facile. Souvent nous tirons à nous ce que nous lisons, au lieu de nous laisser déplacer, tirer hors de nous-mêmes, de notre vieil homme : c’est d’autant plus difficile que nous pensons connaître déjà les textes bibliques. D’où une lecture lente (peut-être plusieurs fois), au moins à mi-voix. Le but : que l’Esprit nous donne d’être arrêté par un mot, un détail, une impression… Alors s’arrêter dans le silence et accueillir !

« S’il suffisait de lire, le Christ n’aurait pas dit aux Juifs : ‘‘Scrutez les Ecritures’’. Scruter, ce n’est pas s’arrêter à la superficie, c’est descendre jusqu’au fond. » (Jean Chrysostome, Hom. 4 sur les changements de noms)

« Si donc nous lisons avec beaucoup de soin et d’attention les saintes Ecritures, et non pas légèrement et en passant, nous pourrons acquérir le salut ; si nous les étudions et les méditons assidûment, nous apprendrons la vraie doctrine et la manière de bien vivre. Qu’on soit dur et violent, qu’on ait une âme molle, qu’on soit lâche, qu’autrefois on n’ait nullement profité de cette lecture, maintenant, du moins, on en profitera et on en retirera quelque utilité, fût-elle imperceptible. En effet, si quelqu’un entre dans la boutique d’un parfumeur et s’y arrête un peu, même malgré lui, il sentira bon, il répandra une douce et agréable odeur; à plus forte raison la répandra-t-il, cette bonne odeur, celui qui fréquente l’Eglise. Car, comme de la paresse naît la paresse, de même du travail naît la force et la vigueur de l’âme. Encore que vous soyez chargé d’une multitude de péchés, que vous soyez impur, ne vous éloignez pas pour cela de nos saintes assemblées. » (Jean Chrysostome, Hom. 88 sur Jean)

3. La « meditatio » : à partir du point reçu de l’Esprit, nourrir notre intelligence. Ce n’est pas une explication de texte ni une recherche purement intellectuelle, mais il s’agit d’enrichir ce que nous venons de recevoir. Dans l’Esprit, y associer des images, des intuitions, relever des allusions, des comparaisons…, comprendre l’importance de ce point dans l’ensemble du texte (les notes peuvent parfois y aider), retrouver dans notre mémoire d’autres passages qui pourraient y correspondre… L’application de la parole dans notre vie n’interviendra que dans un second temps !

4. L’« oratio » nous permet de transformer cette réflexion en dialogue. Je mets en mots adressés au Père ce qui m’a été donné par la lectio et la meditatio.

5. L’enjeu est la « contemplatio », le cœur-à-cœur, le face-à-face avec Dieu, l’entrée dans la communion de vie et d’amour avec Dieu. Cela est bien sûr de l’ordre de la grâce et non directement le fruit de notre industrie. Mais l’exercice, qui est discipline qui nous fait disciple de la Parole, montre notre bonne volonté.

6. Il est bon après la prière de noter le point d’accroche, le cœur de la méditation, une phrase de notre oraison, la lumière reçue à appliquer dans notre vie.

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